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samedi 28 mai 2011

Estela Erausquin

"l'éxil nous offre un miroir où nous nous voyons obligés d'observer notre image comme celle de l'autre"
Estela Erausquin, Héroes de pelicula

jeudi 28 avril 2011

The Refugee - U2



Nous nous battons, elle est une réfugiée
Je vois son visage
Je vois qu'elle me regarde
Nous nous battons, elle est une réfugiée
Sa maman dit un jour
Elle va vivre en Amérique

Dans la matinée, elle est en attente
En attente de son navire pour naviguer
Naviguer au loin
Nous nous battons papa part à la guerre
Il va se battre, mais il ne sait pas pour quoi faire
Nous nous battons papa part à la guerre
Sa maman dit un jour
Il va revenir de loin

Dans la soirée, elle est en attente
En attente de son homme qui va venir
Et la prendre par la main
Et l'emmener vers cette
Terre promise

Nous nous battons, elle a un joli visage
Né au mauvais moment, au mauvais endroit
Nous nous battons, elle a un joli visage
Sa maman dit un jour
Elle va vivre en Amérique (Ouais, Amérique)
Nous nous battons, elle est une réfugiée
Elle viendra et elle dansera
Elle va nous tenir compagnie
Nous nous battons, elle est une réfugiée
Sa maman dit un jour
Elle va vivre en Amérique


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mercredi 6 avril 2011

Centre ville - Abd Al Malik

Descendre à Gare de l’Est, le cœur en bandoulière
Strasbourg était le bout de l’horizon, hier
Une certaine vision du succès mise en bière
Être adulte c’est faire fi des regards de travers
Cette ville est une vieille fille, comme Châtelet-les-Halles
Au fond une fille bien qui joue les femmes fatales
Un lieu est toujours l’allégorie d’un être
Qu’enseignes-tu, ville-lumière, si ce n’est le refus de l’échec ?

Ici on pourra tout recommencer
On verra à nouveau poindre l’horizon
Ici on pourra vraiment tout effacer
On n’aura plus besoin de se faire une raison
Ici on pourra tout recommencer
On verra à nouveau poindre l’horizon
Ici on pourra vraiment tout effacer

Dompter le Sud de notre fougue à Gare de Lyon
Embastiller ce jugement qui change les gens en cons
En érodant leur cœur sous l’effet de cette pierre ponce
Être à l’autre comme Bashung fut à Chloé Mons
OK, Wallen est Elsa, moi Louis Aragon -C’est pour rire !-
La culture mime Marceau, une même Nation
Des châtelains d’un autre genre vivent à Château d’Eau
Des Rastignac en dreadlocks comme dans Le Père Goriot

Ici on pourra tout recommencer
On verra à nouveau poindre l’horizon
Ici on pourra vraiment tout effacer
On n’aura plus besoin de se faire une raison
Ici on pourra tout recommencer
On verra à nouveau poindre l’horizon
Ici on pourra vraiment tout effacer

Lancer un Pont Neuf au-dessus de cette rivière acide
Mec de Tess c’est le Neuhof qui foule le centre ville
Qui foule le Champ de Mars d’une existence Invalide
Concorde lorsqu’un lieu et un esprit se confrontent
Le Sentier menant à l’Être, la plus belle avenue du monde
Moribond devenu vivant on se découvre Saint-Lazare
Au hasard de la petite et de la grande Histoire

Ici on pourra tout recommencer
On verra à nouveau poindre l’horizon
Ici on pourra vraiment tout effacer
On n’aura plus besoin de se faire une raison
Ici on pourra tout recommencer
On verra à nouveau poindre l’horizon
Ici on pourra vraiment tout effacer



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lundi 28 mars 2011

La Nostalgie - Raphaël Enthoven

Elle marque la fin du voyage,mais aussi le début de l'errance, des regrets..., du temps où la vie avait un sens. Ulysse en est le plus bel exemple.

Lorsqu'elle n'est que le mal du pays, la nostalgie paraît soluble dans l'espoir. Les larmes d'Ulysse prisonnier des sorcières sécheront avec le retour à Ithaque. Le chant du cygne est un chant de joie quand, avec la mort, on retrouve le divin natal. Le sentiment d'être déchiré s'estompe quand on rencontre sa moitié. Les gémissements de l'âme en exil, disperdue, grisée par les sortilèges de la matière, redeviennent une mélodie quand sonne l'heure du retour à l'unité. Autrement dit, tant qu'il est possible de revenir à Ithaque, tant qu'elle ne désespère pas de dissiper l'absence, la nostalgie n'est qu'un mal provisoire, une promesse de bonheur qui transforme la Bible en cadastre et la mémoire en horizon, un faux problème dont la solution revient à retrouver - ou recréer - l'endroit qu'on a perdu : vous allez voir, ce sera mieux avant. Malheureusement, c'est impossible, ou pire, ça ne dure pas; l'espoir est trompeur, l'extase fugace et le retour décevant. Parce qu'elle est une maladie du temps dont, à cet égard aucun lieu ni palais n'atténue l'amertume, la nostalgie a toujours un coup d'avance. Plus que la souffrance de la perte, la nostalgie - étymologiquement la "douleur du retour" - désigne la déception des retrouvailles. Qu'arrive-t-il à Ulysse, une fois qu'il est rentré chez lui après vingt ans d'absence? Est-il enfin heureux? Au contraire: "… il est distrait, taciturne, il ne mange plus la soupe de l'épouse, imagine Jankélévitch ; la ride de la conscience soucieuse jette une ombre sur son front et ternit l'ïnnocence de son bonheur [...] Ulysse regrette l'instant où il a confusément entrevu Ithaque, l'instant où l'île de son espoir hésitait encore entre l'inexistence et l'existence. » Rien de nouveau sous le soleil; tout a changé, comme d'habitude. Ithaque n'est plus ce qu'elle était, Pénélope a vieilli, le petit chien est mort et plus personne ne demande à Ulysse de raconter ses aventures... La nostalgie, c'est la fin de l'histoire.

Le nostalgique veut tellement revenir chez lui que, quand il rentre à la maison, il se demande où il est. Une fois qu'il a goûté au remède qu'il espérait, la tristesse d'avoir vécu remplace, en lui, la bonne vieille douleur d'attendre. Aux larmes du vagabond penché sur le rivage succède l'humeur noire du chef de famille qui regrette, en silence, les heures où il pleurait, mais où sa vie avait un sens. Jankélévitch encore: "La terre promise est éternellement compromise." Il n'y a jamais de grand retour puisque nul n'est jamais vraiment parti: la patrie perdue n'est que le prête-nom d'une mémoire sans souvenirs. Quand elle arrive à son terme, la nostalgie n'en est qu'à ses débuts. .La nostalgie n'est pas la peur de mourir, mais la peur de continuer à vivre. Avec la fin du voyage commence l'errance.

Raphaël Enthoven, extrait de Philosophie magazine n°39 mai 2010

lundi 7 mars 2011

Va, vis et deviens



Va, vis et deviens est un film franco-israélien de Radu Mihaileanu sorti en 2005.
En 1984, une mission américano-israélienne, l'opération Moïse, rapatrie les Juifs noirs d'Éthiopie, (les Falashas) en Israël. Dans un camp de réfugiés, au Soudan, une mère, chrétienne, pousse son fils à se faire passer pour Juif, afin de survivre. Cette séparation poussera le jeune enfant à mentir sa vie durant. Ni Juif, ni orphelin, il sera intégré dans une famille israélienne avec ce double malaise vécu, celui, d'une part, de sa mère qui lui manque, et, d'autre part, des racines qu'il a perdues.
Ce film repose sur l'histoire vraie des Falashas qui, immigrés en Israël, éprouvent beaucoup de difficultés à se faire accepter malgré leurs efforts, illustrés dans le film par la rapidité avec laquelle le petit Schlomo apprend l'hébreu ainsi que le français (langue maternelle de la famille qui l'adopte) tout en conservant sa propre langue l'amharique, une des principales langues de l'Éthiopie. Le rejet de cette nouvelle communauté est à la fois dû à la couleur de leur peau et au refus du rabbinat ashkénaze de reconnaître leur judéité. Le film montre également les tensions entre Israéliens et Palestiniens, ainsi que les espoirs de paix entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. À travers ce film, on découvre également le travail dans un Kibboutz, le quotidien durant la Guerre du Golfe. Radu Mihaileanu a également réalisé un documentaire en 2007, Opération Moïse, sur le même sujet.

vendredi 25 février 2011

Absent Narratives







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Errance - Zegout Abder





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White











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Sur la route - Jean-Louis Aubert

Sur la mappemonde à vol d'oiseau
On se dit qu'on peut gagner gros
Qu'on a le ciel dans une goutte d'eau
On cherche tous un bon destin
La vie s'écoule entre nos mains
La joie la peine notre chemin
Traverser la vie sans billet de train
Traverser la vie sans billet de train

Sur la route. dala dala lalalala

La solitude la mauvaiseté
Ça fait rêver la liberté
Jurer qu'on ne s'ennuiera pas
Quand on aura du bien, tu vois
Et ce bonheur qui nous traverse
Pour un simple morceau de pain
Si tu as faim prends le mien

Si c'est pas l'Amérique
Ça y ressemble bien

Des fois j'aimerais être un oiseau
Pour pouvoir cracher de plus haut
Voir les maisons et les campagnes
Et mieux leur tourner le dos
On ira vendre nos sacs de roses
On prendra le train du matin
Sur tous les murs y’aura écrit
De la justice pas la vengeance
De la justice pas la vengeance

Jean-Louis Aubert

The Who - Water




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Another Day...

"Another day in New York City.
(Union Square Park to be precise.)
Another day to explore.
To wander and meet people.
To hear stories.
To connect.
To be inspired.
To be saddened.
To be grateful.
"
Alan Shapiro

'Un jour de plus à New York.
(dans le parc d'Union Square pour être précis.)
Un jour de plus à explorer.
À errer et rencontrer des gens.
À écouter des histoires.
À tisser des liens.
À être inspiré.
À être attristé.
À être reconnaissant."
Alan Shapiro

Another tough break

Another thoery (relatively speaking)

Another scandal

Another prayer unanswered

Another friend gone

Another dazzling smile to share

Another curl set free

Another aimless walk





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Le Banni

Le Banni

Ce n'est pas quelque chose, ce n'est pas quelqu'un
Qui hier t'a peut-être quitté.
Ce n'est pas quelque chose ou quelqu'un
Qui t'a abandonné à ton destin aujourd'hui.

C'est la vie même, cette lumière
Avec son visage si peu substantiel.
C'est l'exact nulle part
De ton corps posé ici sur cette chaise.

C'est l'air, une fuite de nuages
Sur la rétine d'un aveugle, c'est
A perte de vie cette durée par manque de souffle
Divisée en mesures et en temps.

C'est la vie même, cette trémeur
Que tu as, cette trame que tu es.
C'est cette vie même qui aujourd'hui
Te laisse seul avec ton poids spécifique.

C'est aujourd'hui avec temps de chien et viande d'homme
Et grippe éternelle dans ta tête, ta bête.
Ce n'est rien d'autre que la vie même
Qui te livre ici à ton destin aujourd'hui.

Leonard Nolens
traduit du néerlandais par Danielle Losman, éd. La Différence, coll. Orphée